Collections végétales

Les serres d'agronomie tropicale

Le jardin potager tropical

Hier : des serres destinées aux cultures coloniales

En 1898 : le rapport d’étude d’A. Milhe-Poutigon, directeur de “la Revue des cultures coloniales” est adressé au ministère des Colonies à Paris.
Rentré d’une mission exploratoire à l’Institut botanique de Kew, en Angleterre, il met en évidence le besoin de créer un centre français analogue, comme source d’informations et d’aide à la direction des établissements botaniques des colonies. Pour lui, il s’agit “d’une des premières nécessités de la colonisation agricole et un des premiers soucis de ceux qui comprennent son rôle capital dans la mise en valeur de notre domaine d’outre mer… Pour créer une exploitation, il faut mettre à la portée des colons, des renseignements et des conseils expérimentés”.
À cette époque, il existe déjà le Muséum de Paris, l’Institut colonial de Marseille ou la Villa Thuret d’Antibes, mais ils apparaissent alors insuffisants pour satisfaire aux demandes sans cesse croissantes. L’Angleterre fait référence et après la période récente de conquête et d’occupation militaire, il convient de rattraper le retard en matière de “colonisation agricole”.

Cette même année, un riche négociant nantais, Hyppolite Durand-Gasselin, informe le Préfet de Loire-Inférieure, de la mise à disposition d’un domaine à l’est de Nantes : le Grand Blottereau, et de l’allocation d’une somme de 1 300 000 francs pour une école d’horticulture et pour construire des serres destinées aux cultures coloniales.
Ce généreux mécène est le légataire universel du richissime armateur nantais, Thomas Dobrée, philanthrope et grand voyageur décédé en 1895.

La Ville de Nantes et le Département adhèrent rapidement à ce projet. Et considèrent que cette institution pourra former à la vie coloniale les jeunes gens de plus en plus nombreux, et favoriser le développement commercial à un moment où les relations avec les colonies sont beaucoup moins favorables.

En 1902, la section d’agronomie coloniale est créée au sein de l’École Supérieure de Commerce. Une partie du domaine, comprenant un jardin et des serres, lui est affectée. Les serres contiennent alors une collection de 600 espèces exotiques utilitaires de zones climatiques chaudes: plantes textiles, à épices, à parfums, plantes médicinales et alimentaires, bois, etc.
Avec la disparition progressive des colonies, l’enseignement commercial de l’école évolue pour aboutir en 1969 à la disparition complète de la chaire d’agronomie. La gestion des serres et du jardin revient à la ville, sous l’appellation de serres tropicales.
Les collections du Musée (grains, bois précieux…) sont repositionnées au Muséum d’histoire naturelle où il est toujours possible de les observer aujourd’hui.

Depuis lors, les introductions et acclimatations sont régulières et profitent du positionnement de Nantes sur les routes maritimes et des voyages entrepris par nombre de professionnels de son service des Espaces verts municipal.

Les serres aujourd’hui

De 2002 à 2004 , la Ville de Nantes réalise leur rénovation et agrandissement. Elles accueillent les bois précieux, fruitiers, plants à latex, épices ou textiles ainsi que des spécimens centenaires tels que des baobabs, ébènes ou tecks conduits en bonzaï.

Elles couvrent aujourd’hui une surface de 500 m² divisée en deux grandes zones : l’une sèche, et l’autre humide.
La première est occupée par des essences demandant une période de repos plus ou moins prolongée selon les genres : jojoba, baobab, kapok etc.
La seconde, à chaleur humide, entraîne le visiteur dans trois mondes :

  • Épicé, poivre, cannelle, girofle, gingembre, vanille…
  • De bois précieux, ébène, acajou, teck…
  • Des fruitiers, avec les cacaoyers, les papayers, les bananiers.

Le jardin potager tropical

À partir de la mi-mai, ce jardin présente une grande variété de plantes alimentaires exotiques qui effectuent tout leur cycle de croissance à l'extérieur. Il est possible de trouver entre autres des patates douces, du tapioca, du soja, du sorgho, de l'arachide, de la moutarde, du quinoa et plus de 15 variétés de piments.

Bien protégées par ses vieux murs en demi-cercle, prospèrent même des frileuses inhabituelles telles le camphrier ou le câprier.