Parcs et jardins

Ecorchard Driollet naissance d'un différend

Nouvelle serre adossée
© Seve - Nouvelle serre adossée
  • Hiérarchiquement, Ecorchard est sous la coupe de l'architecte de la Ville Henri-Théodore Driollet. Celui-ci, à la suite d'une visite au jardin transmet son rapport au maire ; il critique les travaux ordonnés par Ecorchard. "Les massifs réguliers ont été transformés en parties paysagères. Il faut abandonner l'idée de réaliser un monticule." Driollet se plaint par ailleurs des initiatives d'Ecorchard qui a fait construire sans autorisation une serre en bois où le chauffage risque de provoquer un incendie. Il faudrait autre chose pour troubler Ecorchard qui a de plus en plus de mal à abriter les plantes exotiques que lui envoient les navigateurs dont le plus assidu est toujours le Capitaine Armange. Les collections extérieures s'enrichissent également, notamment de rosiers : près de 130 variétés nouvelles.
  • En 1846, Ecorchard continue à faire évoluer le jardin et obtient l'autorisation de transformer deux nouveaux carrés de la partie régulière en jardin à l'anglaise.
Affiche réalisation d'une grille en 1846
© Seve - Affiche réalisation d'une grille en 1846
  • Pour renforcer son équipe de jardiniers, il obtient un renfort de main-d'oeuvre de 20 hommes envoyés par le bureau de bienfaisance. Grâce aux crédits prévus au budget, la réalisation d'une nouvelle serre est décidée. Elle sera réalisée conformément aux plans de Driollet et adossée au mur de la Rue du Jardin des Plantes. Dans le même temps, est réalisée une bâche plus adaptée à la culture des plantes basses. La grille de l'entrée principale est également mise en adjudication ; les sculptures des pilastres sont réalisées par Louis Thomas, sculpteur.
Grille Rue Stanislas Baudry
© Seve - Grille Rue Stanislas Baudry
  • Le Maire Ferdinand Favre est un amateur éclairé et pour faire avancer ses idées, Ecorchard s'adresse directement a lui en remettant en cause le plan de Driollet de 1838. Il insiste notamment pour que soient réalisés la montagne et le labyrinthe, malheureusement pour lui, dans un premier temps il n'obtient pas gain de cause. Mais il en faudrait plus pour décourager ce breton têtu.
  • En 1847, en dépit des ordres répétés du maire pour exécuter les travaux conformément au plan de Driollet, Ecorchard continue à se faire tirer l'oreille. Il argumente qu'un Jardin des Plantes digne de ce nom doit posséder en plus d'une école de botanique et de fruitiers, une école de paysages. Pour justifier cette position, il cite les jardins étrangers qu'il a visités, notamment Meisse en Belgique et Kew en Angleterre. Ecorchard se dit prêt à travailler avec Driollet, cependant, certains commentaires laissent douter de sa volonté de coopération "le plan du 30 Juillet est sinon ridicule, du moins complètement inexécutable". Il compare l'architecte "à un voyageur bien monté et bien équipé mais qui ne sait où il va" ; il ajoutera même lorsque Driollet aura consenti à revoir son plan "la preuve que son plan est mauvais, c'est qu'il a accepté de le modifier."
  • Pour conforter sa position, Ecorchard obtient le soutien de M. Brongniart, Directeur du Jardin des Plantes de Paris de passage à Nantes. Par ailleurs, ayant rencontré Dominique Noisette devenu paysagiste réputé, Ecorchard lui fait part de ses vues. Noisette accepte une nouvelle collaboration et participe à la mise au point du projet.