Parcs et jardins

Discours inaugural d'Ecorchard

  • Ecorchard
    © Seve - Ecorchard
    Vous le savez, messieurs, au point de vue d'un certain nombre de nos concitoyens, l'agrandissement du Jardin des plantes a été et est peut-être encore considéré comme un luxe inutile, inopportun et blâmable. Cependant, peut-on raisonnablement regarder les jardins des plantes comme de simples objets de luxe ?
  • Pourra-t-on jamais persuader aux hommes sérieux qui s'occupent du bien-être des populations, qu'ils ne doivent s'attacher qu'à guérir leurs maladies et non à les prévenir.
    Non, messieurs, les promenades, les jardins des plantes surtout, ne sont pas des choses inutiles, purement de luxe.
  • C'est dans ces lieux que l'enfant vient, loin de tout péril, sous les yeux de sa mère, se livrer aux vifs amusements nécessaires au développement de ses forces physiques.
    C'est dans ces lieux que le convalescent, l'homme fatigué, le vieillard viennent fortifier leurs poumons par de suaves senteurs, réjouir leurs regards de mille couleurs riantes, et rasséréner leurs idées par la contemplation des beautés de la nature.
    C'est dans ces lieux que l'adolescent, l'homme d'étude ou de cabinet, le simple promeneur comme l'homme studieux viennent, les uns puiser de la science, les autres satisfaire leur curiosité ou chercher des distractions nécessaires à leur intelligence. L'homme de magasin ou d'atelier, l'ouvrier lui-même viennent s'y reposer de leurs fatigues et y respirer à l'aise.